Les évadés

Les évadés
Gailly Christian
Ed. Double/Minuit

Le jeune Jérémie Tod ressemble trop à son père. On va le lui faire payer. En pleine rue, on le fait battre par un policier. Un homme, Théo Panol, intervient. Maladroit, il tue le policier. Il est arrêté, jugé et condamné : trente ans de réclusion. Ses amis décident de le faire évader. Les chances de réussite sont à peu près nulles. Ils vont quand même essayer.

Les Évadés est un inextricable entrecroisement d'histoires d'amour, d'histoires d'amour présentes et passées, d'histoires d'amour agonisantes et larvées, d'histoires d'amour réelles et chimériques, les personnages étant liés sans exception par des liens sentimentaux aussi vifs qu'incertains. Nous pourrions dire tout simplement que Christian Gailly, avec ce roman, enferme dans l'espace clos d'une petite ville une communauté d'individus sans illusion, qu'il les suit chacun avec la même attention, la même acuité, la même cruauté, et qu'il les anime comme un marionnettiste. Les Évadés est un roman très romanesque, en CinémaScope et en Technicolor, aux résonances de série B.
Mais Les Évadés est peut-être aussi une parabole sur la solidarité, sur la beauté du sentiment collectif. La même idée germera en effet au même instant dans la tête des principaux personnages, dans une sorte de télépathie et d'illumination générale : faire évader Théo Panol. La scène est belle, elle fait penser à ces films de Lubitsch ou de Capra où les opprimés réunissent leurs petites forces et leurs grands sentiments pour partir à l'assaut des oppresseurs et des salauds, et le souffle qui traverse le dernier quart du livre est aussi riche et inventif qu'il est salutaire : il vient à point nommé pour nous rappeler, en ces temps d'individualisme et de cloisonnement, que la beauté du soulèvement collectif n'a pas d'égal - dût-il se terminer dans le sang. Éric Reinhardt, Les Inrockuptibles

Elephant man

Elephant man
Treves Frederick
Ed. Sonneur

En 1884, le chirurgien Frederick Treves (1853-1923) rencontre John Merrick, dont le corps difforme est exhibé sans ménagement par un forain qui le présente comme l'Homme-Éléphant. Deux ans plus tard, le médecin parvient à extirper Merrick de sa misérable condition de bête de foire et lui offre enfin la vie de dignité à laquelle le jeune homme a toujours aspiré.

Cette histoire vraie fut à l'origine du célèbre film Elephant Man de David Lynch.

La mort heureuse

La mort heureuse
Camus Albert
Ed. Folio

« Je suis certain qu'on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n'aime ni la facilité ni le romantisme. J'aime à me rendre compte. Eh bien, j'ai remarqué que chez certains êtres d'élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur. C'est bête, c'est faux, et dans une certaine mesure, c'est lâche. »

En 1938, Albert Camus abandonne son premier roman, La mort heureuse, pour commencer à rédiger L'étranger. Ce premier projet romanesque, publié à titre posthume, est riche pourtant de descriptions lumineuses de la nature et de réflexions anticonformistes. Le héros, Mersault, recherche désespérément le bonheur, fût-ce au prix d'un crime. Son parcours est nourri de la jeunesse difficile et ardente de Camus ; ses choix et ses pensées annoncent les récits et les essais à venir.

 

Dompter la bicyclette. Et autres déboires

Dompter la bicyclette. Et autres déboires
Twain Mark
Ed. Sonneur

Tour à tour typographe, pilote sur le Mississippi, chercheur d'or et journaliste, l'écrivain Mark Twain (1835-1910) - également inventeur - était fasciné par les nouvelles techniques. Il s'essaie ici au périlleux apprentissage de la bicyclette, découvre les propriétés explosives des paratonnerres et lutte avec une machine à écrire dont les défauts semblent l'emporter sur les qualités. Curieux et maladroit, incorrigible et tenace, l'auteur de Huckleberry Finn livre ici, avec l'humour qui l'a rendu célèbre, un aperçu réjouissant des affres d'un pionnier face aux grandes inventions de son temps.

Là où les tigres sont chez eux

Là où les tigres sont chez eux
Blas de Roblès Jean-Marie
Ed. J'ai lu

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

Larsen

Larsen
Bonvin Jean-Jacques
Ed. Allia/Petite collection

Le narrateur déconstruit le mythe américain en racontant son séjour chez son vieil ami Larsen, un ancien prisonnier exilé. Entre Bragg, qui passe son temps à fumer des joints, et Michael, un onaniste inassouvi, il évoque un quotidien où l'oisiveté est de mise.

Partir en guerre

Partir en guerre
Larrue Arthur
Ed. Allia/Petite collection

Alors que le narrateur s'invite dans l'appartement d'une copine, d'autres squatters ont déjà pris possession des lieux. Il évoque cette nuit partagée avec la Voïna, un groupe d'artistes anarchiste qui livre une guerre sans merci à un Etat fascisant.

Les enfants de la violence, vol. 1

Les enfants de la violence, vol. 1
Lessing Doris
Ed. Livre de poche

Largement autobiographique, ce roman d'apprentissage est le premier volume d'un cycle romanesque qui s'achève avec La Cité promise.

Les Enfants de la violence retrace l'histoire d'une femme en devenir, Martha, qui se cherche comme on cherche l'Afrique, un continent gouverné par une poignée de Blancs, héritiers des traditions britanniques, face au peuple noir. Adolescente partagée entre un certain désir de conformisme et un sentiment de révolte, Martha est le témoin des conflits de l'Histoire, mais doit affronter aussi ceux, plus intérieurs, qui précèdent l'entrée dans le monde adulte.

Doris Lessing a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.

Il y a déjà là, dans cet extraordinaire récit de formation, le regard aigu de Doris Lessing sur la vie des femmes. Le Monde.

On peut lire Les Enfants de la violence comme un roman, un tract féministe ou un pamphlet politique. Mais c'est d'abord l'épitaphe d'une génération flouée par les idéologies. Le Point.

Liège, oui

Liège, oui
Anton Joanne
Ed. Allia/Petite collection

La narratrice, une Belge exilée à Paris, évoque les troubles identitaires liés au départ de la ville natale, les reproches d'une mère qui ne comprend pas pourquoi elle a changé de style vestimentaire, la perte de son accent, etc.

L'essence n de l'amour

L'essence n de l'amour
Belhaj Kacem Mehdi
Ed. J'ai lu

Le secret n est le moteur interne de l'amour. Celui qu'on ne découvre jamais et qu'on s'évertue pourtant à chercher. « Jouissance éternisée sans répétition », l'amour est une apparition bouleversante mais soumise à la disparition : la souffrance est son pendant logique.

Dans un essai-fiction sous forme de séminaire imaginaire, Mehdi Belhaj Kacem nous livre une analyse douloureuse et brillante de la relation amoureuse, qui tend à l'universel.

« L'amour est un jeu dont vous êtes le héros. Vous pourriez y laisser votre peau. Plutôt ça, à tout prendre, que d'en sortir. »