L'odeur de l'homme. Chroniques

L'odeur de l'homme. Chroniques
Guillaume Marie-Ange
Ed. Panama

Un recueil de textes sur la vie comme elle va, ou comme elle ne va pas. Marie-Ange Guillaume porte sur le monde un regard amusé et aborde, en vrac, de nombreux sujets d'intérêt général: ses fantasmes navrants, son foie magnifique, son chat dénué d'humour, Dieu, l'amour, l'âme des yaourts périmés...

Un auteur trop rare, d'après Daniel Pennac: «Mais pourquoi faut-il qu'elle ne publie que tous les dix ans, cette conne? Hein, pourquoi? Dites-lui, vous, bon Dieu!

Dites-lui qu'il nous en faut plus et plus souvent...

Dites-lui, moi, elle ne m'écoute pas.»
Présentation de l'éditeur

Percolenteur

Percolenteur
Laborde Christian
Ed. Panama

Percolenteur ou vingt-trois textes serrés, vingt-trois promenades dans la galaxie Laborde... Du comptoir d'un café aux pages du dictionnaire, des rivages d'ombre de l'île de Pau aux allées du supermarché, ceux qui savent perdre leur temps se laisseront aller à ces flâneries empreintes d'une douce nostalgie... Un réveil de marque Jaz ou une bouteille d'Aqua Velva sont autant de madeleines de Proust qui nous plongent un instant dans le temps révolu de l'enfance; l'observation d'un vol de grue ou d'une barquette de gariguettes, autant d'incursions dans la beauté d'un monde qu'on ne regarde plus.

Quand le mot se fait parole et gagne à être dit...
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Morsures

Morsures
Bonafous-Murat Hélène
Ed. Passage

Entre l'hôtel Drouot et la boutique de gravures où elle officie comme expert, Hortense vit entourée d'images, dans un monde sans âge. Sa vie bascule lorsqu'un brocanteur lui apporte une estampe inconnue du graveur lorrain Bellange. La scène qu'elle représente - les adieux d'un homme et d'une femme de la Renaissance - devient pour elle un objet de fascination érotique et d'interrogation. Le meurtre du commissaire-priseur, puis la disparition, en pleine vente aux enchères, de cette oeuvre unique, achèvent de déstabiliser la jeune femme.

La véritable enquête sera toutefois celle qu'elle mènera pour parvenir à identifier cette gravure, avec l'aide d'une pléiade de personnages du milieu de l'art hauts en couleur. Le dévoilement progressif des secrets de la gravure nous conduit à la cour de Lorraine à la fin du XVIe siècle où nous côtoyons le graveur Bellange, mais aussi le peintre Georges de La Tour, Henri IV, la famille de Guise... Hortense, au fur et à mesure qu'elle s'approprie l'histoire des personnages, perd de vue sa propre réalité, s'abandonne à une sensualité nouvelle, et croit à l'incarnation de ses fantasmes - jusqu'à la mort.
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Tombal cross. Destination Mervyn Peake

Tombal cross. Destination Mervyn Peake
Nicole Caligaris & Albert Lemant (ill.)
Ed. Joëlle Losfeld

«Nous nous présentâmes, French people partis sur les traces de Mervyn Peake.

Et Dürer, le K-way dégoulinant par-dessus le bonnet, les lunettes embrumées fixées sur les yeux très bleus de la dame, se mit à parler.

Il expliqua ce que Mervyn Peake était pour nous, combien nous l'admirions, combien ses oeuvres, ses dessins, ses récits s'étaient inscrits profond dans notre existence, combien il comptait, ce que nous lui devions et pourquoi nos K-way étaient en train de transformer en mare la place du chien, dans l'entrée impeccable de sa maison.»

Deux idiots du voyage, persuadés d'être en mission très spéciale, partent chercher dans la plus petite des îles Anglo-Normandes, Sercq, la mémoire perdue de Mervyn Peake (1911-1968), auteur-illustrateur anglais, héritier direct d'un Dickens sans espoir et d'une Charlotte Brontë que le fou rire aurait saisie, homme sous influence de cauchemars historiques (Londres sous le Blitz, le camp de Bergen-Belsen à sa libération) et personnels (une maladie de Parkinson précoce). Car sur cette île, seigneurie aux falaises noires, aux carrefours orthogonaux et aux pentes fleuries de cloches bleues, Mervyn Peake a vécu, et trouvé, peut-être, l'inspiration de la citadelle de sa trilogie romanesque, peuplée de personnages désopilants et pathétiques : Gormenghast, demeure de Lord Tombal, le seigneur mélancolique, et de Titus, l'héritier indocile, le heros inquiet.
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Vous plaisantez, monsieur Tanner

Vous plaisantez, monsieur Tanner
Dubois Jean-Paul
Ed. L'Olivier

'Eh bien moi, vous me verrez tous les jours de la semaine.
- Vous plaisantez, monsieur Tanner. En tout cas, il faut qu'on se mette d'accord : qui est-ce qui va commander ?'

Paul Tanner, documentariste animalier, menait une existence paisible avant d'hériter de la maison familiale. Décidé à la restaurer de fond en comble, il entreprend des travaux. Tandis qu'il s'échine sur les sols, les corps de métier défilent. Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous... tous semblent s'être donné le mot pour lui rendre la vie impossible.

Récit véridique d'un chantier, chronique d'un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains, Vous plaisantez, monsieur Tanner se lit comme une comédie. Une comédie menée par un narrateur qui ressemble fort à son auteur.
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Le dénouement

Le dénouement
Ruffel Lionel
Ed. Verdier/Chaoïd

A l'origine de cet essai, l'observation de figures récurrentes dans une oeuvre, celle d'Antoine Volodine. Ces figures, qui se confrontent à la fin tout en la refusant, une enquête les a repérées chez des auteurs contemporaines qu'on imagine proches : Pierre Guyotat, Valère Novarina, Olivier Rolin mais aussi chez des auteurs en apparence plus éloignés : Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint, Eric Chevillard ou encore Pascal Quignard.
Cette récurrence n'est pas anodine. Qu'elles soient devant le gouffre, situées aux confins géographiques, ou face contre sol, les figures ainsi décrites ont toutes un point commun.
Leur corps est une fin. Et la fin est cette idée.
Mais cette représentation est plus complexe. Leur corps est une frontière entre un avant et un après. Il se développe une histoire, après la fin, qui la prolonge ou la renouvelle.
Ce sont ces deux termes conjoints, fin et début, que le concept de 'dénouement' tente de saisir. Articulé aux discours perceptibles juste après la double chute (du mur de Berlin, des statues de Moscou) chez des philosophes marqués par l'histoire et la pensée du marxisme, il pourrait contribuer à nommer les enjeux esthétiques et politiques d'une époque, la fin du vingtième siècle.
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Le mat

Le mat
Serre Anne
Ed. Verdier/L'image

Alors on va me dire : mais au fond, c'est qui, c'est quoi, ce MAT ? Il est protéiforme, il change sans cesse d'aspect, de figure, il a des fonctions diverses. Mais oui.

Si les choses étaient simples, cela se saurait. Si la terreur, l'amour, l'amitié, la mort, la folie désignaient à chaque fois une seule figure, cela se saurait aussi et l'on n'en serait pas aussi encombré. Ce qui est merveilleux, c'est d'approcher ce corps protéiforme et inquiétant, ce changement à vue de visage, d'usage, sans jamais s'y brûler au point d'y perdre son latin (la plus grande perte). Tant que l'on peut rester vivant et possédant son latin à considérer le MAT face à face, c'est que l'on est écrivain, suspendu, protégé.

Être plus fort que lui, c'est la seule manière de survivre.
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L'ordre donné à la nuit

L'ordre donné à la nuit
Esteban Claude
Ed. Verdier/L'image

Qu'en est-il de ces formes - lignes, couleurs, volumes - qui soudain nous parlent une langue qui devient la nôtre, nous communiquent une force dont nous nous sentions dépourvus ? Je ne fais guère crédit au hasard, même s'il me faut admettre que la conjonction brusque des circonstances, l'espace et le temps conjugués en un lieu et une minute, peuvent décider parfois d'un destin. Il en va des images comme des êtres de chair et de sang, hier encore ignorés de nous et que nous reconnaissons tout à coup, comme si depuis toujours une sorte d'attraction sidérale nous orientait infailliblement vers eux.

Il ne nous appartient pas davantage d'en précipiter le cours, car l'instant qui en décide n'est pas inscrit au cadran de nos horloges, mais dans la lente maturation de nos existences, dans leurs énigmes aussi, leurs échecs. Et peut-être que La Vocation de saint Matthieu, une toile peinte voilà quatre siècles par l'immense artiste que fut Caravage, m'attendait en effet, sans que je le sache, à ce moment de ma vie.
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D'un pays de parole

D'un pays de parole
Lévêque Alain
Ed. Verdier/L'image

Qu'il peigne les tempêtes ou qu'il pêche à la mouche l'ouananiche, le plus valeureux des saumons, dans les sauts déchaînés du Saguenay, au sortir du lac Saint-Jean, je voyais Winslow Homer, le peintre américain, comme le gardien de l'évidence naturelle, du souffle qui fonde la parole. Peut-être salue-t-il une dernière fois cette unité dans son aquarelle Les Vieux Amis.

Le guide qui touche l'arbre parle le langage oublié des grands bois. Faite de quelques gestes et de peu de mots comme en écho à l'étendue native, ne serait-ce pas, me disais-je, la langue de l'être au monde, celle que pratiquèrent dans sa splendeur les Indiens et dont les adeptes du wild ne balbutient plus que des bribes ?
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La guerre sexuelle

La guerre sexuelle
Pajak Frédéric
Ed. Gallimard/Blanche

Bobèche est un homme d'aujourd'hui, c'est-à-dire une couille molle. Mari, père de famille et employé ordinaire, tout va bien pour lui : il s'ennuie. Sa femme, Auque, s'occupe de tout : l'argent, les sorties, les vacances, l'éducation de leur fils Julot. Sexuellement, c'est plus compliqué.
Manipulé par un certain Lothaire, chirurgien de guerre pervers, envoûté par Esmeralda la troublante épouse de celui-ci, débauché au Japon par son vieil ami Diodore, écoeuré par ses parents et ses collègues, Bobèche devient malgré lui un parfait cynique, prêt à 'assassiner' sa femme pour échapper à la médiocrité de sa vie.
Bigamie, adultère, inceste, masochisme : les personnages de ce bref roman affrontent les visages imprévisibles de la guerre sexuelle. Une guerre qui révèle leurs secrets, leur cruauté, leur impuissance, mais surtout leur volupté - sans oublier la part comique qu'appelle toute évocation du désespoir.
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