Un charmant défaut

Un charmant défaut
Japin Arthur
Ed. Héloïse d'Ormesson

Si l'on en croit Casanova, il s'est épris encore adolescent d'une certaine Lucia, au seul et charmant défaut, son très jeune âge. Il s'engage à revenir demander sa main. Mais à son retour, la promise s'est enfuie, sans doute avec un rival. Des années plus tard, en 1758, le grand libertin retrouve l'infidèle, affreusement défigurée, dans une maison close d'Amsterdam.

A ce conte masculin de désillusion et de cynisme, Arthur Japin préfère une version féminine d'aventure et de sacrifice. Sur les traces de la belle Lucia, il nous entraîne dans un périple envoûtant à travers l'Europe des Lumières, des canaux d'Amsterdam à ceux de Venise.

Etre ou apparence, émotion ou raison, Un charmant défaut joue à merveille des puissantes contradictions de l'âme.

Des liaisons aussi dangereuses que galantes.
Présentation de l'éditeur

Milenio Carvalho

Milenio Carvalho
Vazquez Montalban Manuel
Ed. Christian Bourgois

Pepe Carvalho entraîne son fidèle Biscuter et les voilà, sur le pont d'un ferry, buvant des dry, partis pour le tour du monde. Barcelone verra revenir Pepe, seul, fauché, au bord de la vieillesse, peut-être, mais en accord avec lui-même. Soulagé.
Entre deux, un roman monde, roman bilan, roman mémoire, roman ciné, un jeu de piste pour lecteur déboussolé. Une dernière déclaration d'amour à la fiction.
L'occasion pour un héros pantelant d'arpenter les «terres mythiques de sa mémoire», où l'événement rattrape le désir, par le chemin le plus long : du Bosphore à Bangkok, de l'Australie à l'Argentine. Enfin aborder l'Afrique en tournée de solidarité, l'Europe en clandestin, vers un dénouement inattendu et pétaradant.
Apothéose placée sous un quadruple parrainage: Bouvard et Pécuchet, accrochés à leur pupitre comme à une bouée de sauvetage, Don Quichotte et Sancho Pança, l'un aspirant au bercail, à l'ombre, l'autre reparti pour un rêve qui est la vie.
Manuel Vâzquez Montalbân est mort en octobre 2003 avant la publication posthume de Milenio Carvalho qui clôt ainsi malheureusement le cycle des aventures de Pepe Carvalho.
Présentation de l'éditeur

L'homme ralenti

L'homme ralenti
Coetzee J.M.
Ed. Seuil

Vol plané au ralenti après le choc initial et retombée brutale sur le bitume d'un carrefour d'Adélaïde: mis à bas de son vélo par un jeune chauffard puis amputé d'une jambe, le sexagénaire Paul Rayment reprend connaissance d'un moi diminué sur son lit d'hôpital. Il refuse l'équilibre factice d'une prothèse, s'empêtre dans ses béquilles. Il lui faut désormais une auxiliaire de vie pour veiller au ménage et soigner le moignon.
Marijana Jokié, l'immigrée croate, s'acquitte au mieux de sa tâche, mais ranime, à son corps défendant, le c?ur en souffrance de Paul Rayment. Il va jusqu'à offrir de prendre tous les Jokié sous son aile. À la réalité inerte d'un membre artificiel, Paul substitue la chimère d'une famille fantôme qui prolongerait son monde rétréci.
C'est alors qu'Elizabeth Costello frappe à sa porte. Prompt à le rappeler à l'ordre, ce double féminin bavard, intempestif et omniprésent s'acharne sans relâche à élaborer une fiction d'un homme amoindri et indûment épris qui aborde la vieillesse.
La vie passée du jeune garçon transplanté d'Europe en Australie et le progrès difficile vers l'âge d'homme, entre deux langues et deux cultures, font place, dans la dignité précairement conservée et avec un humour résigné, à un questionnement sur le crépuscule qui nous attend.
Présentation de l'éditeur

Auprès de moi toujours

Auprès de moi toujours
Ishiguro Kazuo
Ed. 2 Terres

'Ishiguro est un maître d'une classe à part' The Independent

Jadis, Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham : une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaients protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelle raison les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d'une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kath, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.
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Les nouvelles

Les nouvelles
Mansfield Katherine
Ed. Stock/La cosmopolite

J'ai lu, une première fois, les nouvelles de Katherine Mansfield quand j'avais une vingtaine d'années, régulièrement désarçonnée par l'étrangeté des textes. Une gamine cachait sa robe déchirée derrière une armoire, une femme mariée avait des éblouissements en regardant un poirier. Au pire, un type assassinait une mouche. Katherine Mansfield découpait le réel en lamelles presque transparentes, et elle déployait pour cela des trésors de délicatesse et de cruauté. Mais qu'est-ce qu'elle racontait, au juste ? Je me dis que Katherine Mansfield a quelque chose de la physicienne, découvrant dans son labo les mouvements de l'âme qui oscillent éternellement du désespoir à la joie, équilibrent le monde, et font la matière de l'expérience. Rien d'étonnant à ce que j'aie échoué, toutes ces années, à mémoriser la trame des récits, les événements, les personnages. Rien d'étonnant à ce que j'aie gardé au fond de moi tout le reste, les arbres, les fleurs, la tristesse, l'éveil.
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Ce qu'elle savait. Nouvelles

Ce qu'elle savait. Nouvelles
Davis Lydia
Ed. Phébus

Un recueil de nouvelles qui, en 1986, a marqué aux États-Unis l'avènement d'un nouvel art de raconter... sollicitant avec un minimum d'effets l'inquiétante étrangeté du quotidien.

Jouant sur plusieurs registres, depuis la nouvelle qui prend son temps jusqu'au récit brévissime affûté comme un couperet, Lydia Davis nous rappelle, d'une histoire à l'autre, que la vie n'est jamais loin d'être un malentendu, que nous nous en sortons souvent en jouant sur les mots, mais que les mots en question, qui nous permettent de si bien maquiller le réel, ont l'art de nous rattraper au collet pour nous remettre, tôt ou tard, le nez juste au-dessus de ce que nous aurions tant souhaité ne pas voir - ou ne pas savoir...

Impressions de la critique américaine à la sortie du livre :

«L'auteur ne se contente pas d'observer, elle se fait l'archiviste d'émotions inconnues.» The New York Times

«Une artiste immensément douée, qui accède d'emblée à la haute maturité.» San Francisco Chronicle

«Cette vivacité un peu folle, cet humour délectable cachent bien sûr une souffrance... Malgré quoi on ne peut s'empêcher de se régaler.» Washington Post

«Lumineux, concis... et vraiment très fort.» New York Observer
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L'autre vie de Brian

L'autre vie de Brian
Clarence Vanderhaeghe Guy
Ed. Albin Michel/Terres d'Amérique

1871. À la demande de leur père, deux jeunes Anglais partent pour l'Amérique à la recherche de leur frère, disparu dans les territoires sauvages du Nord-Ouest en compagnie d'un prédicateur illuminé. Pour l'un, peintre raté, c'est une question d'amour fraternel ; pour l'autre, officier en disgrâce, l'occasion d'une aventure dangereuse et exaltante. Mais aucun des deux ne soupçonne l'issue de leur quête : au bout du voyage, le chaos et les ténèbres, la fin des rêves comme celle des idéaux.

Violence des hommes, des lieux, d'une époque : roman de la sauvagerie et de la rédemption, La dernière traversée est le chef-d'oeuvre épique d'un immense écrivain.

« Aventures picaresques, intrigues, rebondissements, histoire et étude de la nature humaine sont racontés dans un style brillant. Peu d'écrivains sont capables de cerner un personnage en quelques mots, de tourner une phrase ou de filer la métaphore aussi brillamment. Vanderhaeghe, l'un des meilleurs écrivains nord-américains, est là au sommet de son art. » Annie Proulx (extrait de la préface)

« Tout simplement un magnifique écrivain. » Richard Ford

« La puissance et la grâce. » The New Yorker

« À placer aux côtés de Cormac McCarthy et Jim Harrison. » The Chicago Tribune

« Formidable, complexe, passionnant... Un livre magnifique. » The Los Angeles Times
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Antibiographie

Antibiographie
Kuczok Wojciech
Ed. Olivier

Ils vivent en Silésie, dans une ville où se côtoient mineurs et fossoyeurs. Le père a hérité de la maison construite par le grand-père, un bâtisseur maniaque, soucieux d'assurer à sa descendance un bel avenir. Il a épousé une femme de Silésie, éduqué leur fils à la dure, fort de ses adages et de sa cravache, et banni à jamais l'harmonie de la maison.

Devenu adulte, le fils décide de régler ses comptes.

Ce roman déballe tout : les histoires de famille, souvent rocambolesques, les scènes entre les parents, l'oncle mutique, la tante hystérique, les humiliations, les coups, les crachats, les maladies soignées à l'eau salée. Tour à tour réaliste et satirique, poétique et grotesque, Antibiographie est un récit jubilatoire qui se joue de tous les genres, à la manière d'un Gombrowicz.
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Un nom pour un autre

Un nom pour un autre
Lahiri Jhumpa
Ed. Laffont

Apparemment, c'est une simple histoire de nom, un caprice d'enfant. Lorsqu'il entre à l'école, près de Boston, Gogol refuse d'être appelé autrement que par ce surnom improvisé par son père à sa naissance. Non, il ne sera pas Nikhil, il ne veut pas se présenter sous ce prénom bengali. Bannissant ces deux syllabes qui le rattachent à la terre natale de ses parents, Gogol grandit comme un jeune Américain sous leur regard à la fois déconcerté et fier. Il joue au base-ball, écoute du rock, fréquente de jolies Américaines... Mais à la mort de son père, quelque chose se rompt en lui, révélant cette identité qu'il avait niée. Les deux syllabes oubliées, Nikhil, résonnent alors avec une profonde familiarité... A travers l'histoire de la réconciliation de Gogol avec son prénom, décrivant les désarrois d'une famille déracinée, Jhumpa Lahiri, révélée par L'Interprète des maladies, lauréate du prix Pulitzer en 2000, offre une évocation subtile et sensible des conflits intimes liés à la double
culture.
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Histoires burlesques et grotesques

Histoires burlesques et grotesques
Kubin Alfred
Ed. Phébus

Le génie d'Alfred Kubin dessinateur (1877-1959) - on l'a surnommé «le Goya autrichien» - a longtemps éclipsé son oeuvre d'écrivain, brève mais d'une absolue singularité et qui fascina bien des esprits, au premier rang desquels Ernst Jünger.

Pour faire bonne mesure, ajoutons que le chef-d'oeuvre littéraire de Kubin, vaste divagation romanesque sans boussole illustrée par lui-même (L'Autre Côté, 1909 - Jean-Jacques Pauvert, 1964 ; José Corti, 2000), a injustement masqué l'autre versant de son oeuvre écrite : ces nouvelles «humoresques» - non moins troublantes, à tout prendre - qu'il rédigea dans la seconde moitié de sa vie de créateur, et qu'on révèle ici pour la première fois aux lecteurs de langue française.

Ces histoires ont-elle droit à l'appellation de «nouvelles» ? Oui si l'on s'en tient à la (relative) sagesse narrative de leur discours - par comparaison en tout cas avec la «folie» revendiquée de L'Autre Côté. Non, si l'on veut bien convenir que ces récits, conduits comme des fictions, ont d'abord un caractère autobiographique, et que leur succession finit par embrasser toute une enfance - disons toute une jeunesse à l'affût de l'inquiétante étrangeté du réel.

Bref Kubin raconte sa vie, vécue ou rêvée... et ne peut s'empêcher, quelque mesure qu'il y mette, de nous faire entrevoir, comme personne, «l'autre côté» des choses.
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