Que toute chose se taise

Que toute chose se taise
Ouhaibi Moncef
Ed. Bruno Doucey

« Mais si, écoutez bien
C'est le bruit de ses bottes
Le despote
Qui s'enfuit
Qui part
En hâte
Qui traîne ses pas lourdement
Vers l'endroit où
Il s'endormira
Dans un cadavre vide »

Rouge au bord du fleuve

Rouge au bord du fleuve
Hoex Corinne
Ed. Bruno Doucey

« dans l'île avec le vent et sa caresse aveugle
dans l'île ton châle rouge et les mains nues du vent
et tu fermes les yeux et du entends le fleuve son grondement sourd
le fleuve moiré d'argent »

Enfances. Regards de poètes

Enfances. Regards de poètes
Anthologie
Ed. Bruno Doucey

«Mon cheval à roulettes noir et blanc pommelé galope encore sur la terrasse de l'enfance et les frêles bateaux de papier dansent vers le bassin de l'Esplanade par les étroits canaux de la fontaine canyons géants du Colorado [...]

seul j'ai vieilli mais demeure l'enfant comme la mer soupire sur le sable du temps»

Autres nuages

Autres nuages
Baetens Jan
Ed. Impressions nouvelles

Qu'est-ce qu'un nuage, si ce n'est un arbre en marche ? Et qu'est-ce qu'un arbre, sinon un nuage qu'on ne regarde qu'une fraction de seconde ? Sur cette hypothèse très simple, mais qui n'est pas sans rapport avec le principe moins banal de la métaphore, le présent recueil offre une série de variations qui mélangent allègrement le quotidien et ce qui le déchire, le surprenant et ce qui le banalise, les fantaisies du premier venu et quelques grands moments de l'histoire de l'art et de la littérature, les célèbres photographies de nuages réalisées par Stieglitz et des tableaux ou études d'arbres par des artistes comme Cézanne, Magritte, Scorsese, Antonioni ou encore Kafka. À chaque fois, l'ambition de l'auteur et de l'illustrateur est de faire partager le moment où naissent, puis s'évaporent les images, les idées, les textes.

Bégaiement de l'impossible et de l'impensable

Bégaiement de l'impossible et de l'impensable
Sampiero Dominique
Ed. Lettres vives

Tout petit j'ai cru qu'on avait cousu les lèvres de mon père avec un fil de fer invisible. Le même que celui des clôtures sans barbelé. Ma mère au contraire parlait beaucoup. Elle avait peur de son ombre et m'obligeait à ouvrir et fermer les placards pour vérifier qu'ils étaient vides. Elle craignait que sa parole un jour sorte des armoires et la dévore.

La face nord de Juliau, huit, neuf, dix

La face nord de Juliau, huit, neuf, dix
Pesquès Nicolas
Ed. André Dimanche

Suite du long poème initié en 1980, centré sur la colline de Juliau. Ce volume marque la fin du Cycle jaune dans une évocation de l'acte d'écrire et de la lecture.

Le très vieux temps

Le très vieux temps
Pirotte Jean-Claude
Ed. Le temps qu'il fait

Les minces trésors des jours perdus, les infimes richesses de son enfance solitaire bouleversent plus que jamais le vieux cœur du poète qui n’a pas renoncé à la surprise ni à la joie, bien qu’une ombre passe sur son front qui semble toujours plus accablante. Alors il les serre dans le reliquaire fragile de ses chansons boiteuses, par souci d’apaisement peut-être et pour encore donner des gages «au rêve absolu».

Ajoie

Ajoie
Pirotte Jean-Claude
Ed. La Table ronde

«Les saints les plus passionnants sont ceux dont l’existence n’est attestée que par la tradition populaire. C’est le cas de saint Fromont, dont on célèbre le culte – non reconnu par l’Église mais constant depuis des siècles – sur le plateau de l’Ajoie, un terroir du Jura suisse entre Boncourt et Porrentruy, demeuré à l’écart et toujours attaché aux anciennes croyances.
J’ai voulu connaître le paysage où s’est déroulée, au temps du colombanisme, la vie rêvée de saint Fromont. Nous avons séjourné là, ma compagne et moi, sous l’invocation du saint, pendant des mois. Il en est résulté cet hommage aux coteaux forestiers, aux friches et aux miracles, alors que le mont terri, à l’est, borne de sa masse mouvante l’enclave de l’Ajoie. Ce livre est aussi un hommage à Pierre-Olivier Walzer, l’auteur admirable et ludique des Saints du Jura. Peut-être ai-je réussi à redonner vie à Fromont, ermite du désert, qui m’a secrètement invité à le redécouvrir, dans un mélange de foi et de paganisme.»
Jean-Claude Pirotte

Volée blanche

Volée blanche
Akhmatova Anna
Ed. Harpo&

Je ne sais si tu es vivant ou mort,
Si sur terre on peut te chercher encore,
Ou seulement dans la pensée d'un soir
S'afflige pour un défunt.
Tout te revient:
Ma prière de chaque jour,
L'insomnie où je défaille,
La volée blanche de mes vers,
Le feu bleu de mes yeux,
Nul ne m'a été plus secret
Et nul ne me fit plus souffrir,
Même celui qui me livra aux tourments,
Même celui qui me caressait
Et m'a oubliée.

1917 : Volée Blanche, quand partout en Russie, en Europe, éclabousse le sang. Les armes et les larmes. Akhmatova, c'est l'histoire du sentiment dans l'Histoire : Écrire ces poèmes entre 14 et 18 n'est certainement pas anodin. Ce volume reprend l'édition princeps de 1917, ainsi que les poèmes ajoutés dans les éditions suivantes. (Petrograd 1918, 1921, Berlin 1923). 3e volume publié du vivant de l'auteur, Volée Blanche est le 7e volume inscrit dans la publication de l'ensemble de l'oeuvre poétique d'Anna Akhmatova chez Harpo &. 1ère édition française.

Chants berbères de Kabylie. Poésie Kabyle

Chants berbères de Kabylie. Poésie Kabyle
Amrouche Jean
Ed. Points

«Éboulez-vous, montagnes, Qui des miens m'avez séparé.

Laissez à mes yeux la voie libre, Vers le pays de mon père bien-aimé,

Je m'acharne en vain à l'ouvrage : Mon coeur là-bas est prisonnier.»

Craignant que la beauté des chants berbères ne disparaisse avec la voix de sa mère, Jean Amrouche a entrepris de consigner tous les chants qui ont bercé son enfance.

En les exprimant en français, il en a fait un trésor de la poésie universelle.

«Voici les vers, voici les mots, voici les musiques et les chants. Les chants enfin rendus, redits tels qu'ils chantaient en vous.»

Mouloud Mammeri