Ajoie

Ajoie
Pirotte Jean-Claude
Ed. La Table ronde

«Les saints les plus passionnants sont ceux dont l’existence n’est attestée que par la tradition populaire. C’est le cas de saint Fromont, dont on célèbre le culte – non reconnu par l’Église mais constant depuis des siècles – sur le plateau de l’Ajoie, un terroir du Jura suisse entre Boncourt et Porrentruy, demeuré à l’écart et toujours attaché aux anciennes croyances.
J’ai voulu connaître le paysage où s’est déroulée, au temps du colombanisme, la vie rêvée de saint Fromont. Nous avons séjourné là, ma compagne et moi, sous l’invocation du saint, pendant des mois. Il en est résulté cet hommage aux coteaux forestiers, aux friches et aux miracles, alors que le mont terri, à l’est, borne de sa masse mouvante l’enclave de l’Ajoie. Ce livre est aussi un hommage à Pierre-Olivier Walzer, l’auteur admirable et ludique des Saints du Jura. Peut-être ai-je réussi à redonner vie à Fromont, ermite du désert, qui m’a secrètement invité à le redécouvrir, dans un mélange de foi et de paganisme.»
Jean-Claude Pirotte

Volée blanche

Volée blanche
Akhmatova Anna
Ed. Harpo&

Je ne sais si tu es vivant ou mort,
Si sur terre on peut te chercher encore,
Ou seulement dans la pensée d'un soir
S'afflige pour un défunt.
Tout te revient:
Ma prière de chaque jour,
L'insomnie où je défaille,
La volée blanche de mes vers,
Le feu bleu de mes yeux,
Nul ne m'a été plus secret
Et nul ne me fit plus souffrir,
Même celui qui me livra aux tourments,
Même celui qui me caressait
Et m'a oubliée.

1917 : Volée Blanche, quand partout en Russie, en Europe, éclabousse le sang. Les armes et les larmes. Akhmatova, c'est l'histoire du sentiment dans l'Histoire : Écrire ces poèmes entre 14 et 18 n'est certainement pas anodin. Ce volume reprend l'édition princeps de 1917, ainsi que les poèmes ajoutés dans les éditions suivantes. (Petrograd 1918, 1921, Berlin 1923). 3e volume publié du vivant de l'auteur, Volée Blanche est le 7e volume inscrit dans la publication de l'ensemble de l'oeuvre poétique d'Anna Akhmatova chez Harpo &. 1ère édition française.

Chants berbères de Kabylie. Poésie Kabyle

Chants berbères de Kabylie. Poésie Kabyle
Amrouche Jean
Ed. Points

«Éboulez-vous, montagnes, Qui des miens m'avez séparé.

Laissez à mes yeux la voie libre, Vers le pays de mon père bien-aimé,

Je m'acharne en vain à l'ouvrage : Mon coeur là-bas est prisonnier.»

Craignant que la beauté des chants berbères ne disparaisse avec la voix de sa mère, Jean Amrouche a entrepris de consigner tous les chants qui ont bercé son enfance.

En les exprimant en français, il en a fait un trésor de la poésie universelle.

«Voici les vers, voici les mots, voici les musiques et les chants. Les chants enfin rendus, redits tels qu'ils chantaient en vous.»

Mouloud Mammeri

Symphonie du printemps

Symphonie du printemps
Ritsos Yannis
Ed. Bruno Doucey

'Mes chers semblables
comment pouvez-vous
vous courber encore?
Comment pouvez-vous
ne pas sourire?

Ouvrez les fenêtres.

Le monde resplendit
infatigable.
Qu'il soit regardé.'

 

La raison de l'oiseau

La raison de l'oiseau
Gyatsho Tshanyang
Ed. Fata Morgana

Xylographie tibétaine complète de cinquante-huit poèmes.

J’avais tant médité
sur le visage de mon Lama
et rien ne s’est dessiné dans mon esprit
que les traits de mon aimée.

Qui est-il, ce poète qui rirait d’être mêlé aux autres, mais que sa fragilité éloigne de tous, qui s’amuse de ce qu’on dit mais n’arrive pas à se faire comprendre, s’enivre de sa liberté mais ne peut ébaucher un pas sans souffrir ? Tshanyang Gyatsho est né au Tibet en 1683, année où meurt le Ve Dalaï Lama. Deux ans plus tard il est reconnu comme la réincarnation de ce dernier. Mais il continuera de travailler aux champs jusqu’à son intronisation lors de sa quinzième année. Peut-être est-ce alors ce manque d’instruction monacale qui le conduira à se rebeller contre tout protocole et s’adonner aux plaisirs de l’ivresse et de la chair jusqu’à lui valoir une réputation de libertin. Et ce sont alors par ces chants d’amour, plus que dans la pratique religieuse, que se découvre l’épanouissement spirituel du VIe Dalaï Lama.

Le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise.

Le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise.
Yu Lu
Ed. Moundarren

Portrait et poèmes.
Portrait du poète Lu Yu (1125-1210), qui prit pour nom de plume 'le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise', illustré par ses poèmes, suivi d'un recueil de ses poèmes.

Calligraphie
l'air de l'automne souffle comme une flûte claire
à la taverne la bannière est hissée, on peut y acheter à crédit
je chante joyeusement en traversant le petit marché
à mon chapeau bas est épinglée une fleur sauvage
une fille de la rivière me garde des crabes frais
un vieux jardinier m'offre des courges tardives
qui devinerait que, vieillard oisif,
je fais de ma vie une longue ivresse?

Le bruit du temps

Le bruit du temps
Mandelstam, Ossip Emilievitch
Ed. Le bruit du temps

Première revue marocaine consacrée à la poésie internationale

Faire vivre ensemble et amoureusement des textes d'hommes et de femmes venant de divers horizons et partageant le même rapport à la réalité, à la langue et au village-monde. Edito.

Les filles de quartier
se jettent des nuages la sangle à la main.
Leur sourire ne s'ouvre pas.
Ce serait comme un hymen recousu
par la générosité des violeurs
Linda Maria Baros (Roumanie)

Rends-toi, petite île
Laisse tomber tes réfugiés, tes chères chétives
Accepte l'ordre
Arrache ton persil
Et accueille les cavaliers bindés.
Volker Braun (Allemagne)

Le rêve arabe s'endort
Le muezzin efface
La nuit
Tandis que fume le dernier
Cercle du soleil.
Michel Bulteau (France)

Chaque jour on ne peut éviter le coup de feu du temps,
Ce tireur embusqué !
Shu Cai (Chine)

Allez radoter ailleurs, rimes d'un centime,
trembler ailleurs pour douze lecteurs
et un critique ronfleur
Hugo Claus (Belgique)

Un enfant court bravement derrière son enfance
Rêvant du monde venu se déposer entre ses mains
Et du ciel comme plumage à ses ailes.
Ouafaa Lamrani (Maroc)

J'entends les oiseaux aux pieds peints psalmodier les airs
du ravissement, les murs ouvrant larges leurs fissures, enmmagasinant
les reflets du miroir.
Mohamed Loakira (Maroc)

Les Croates me tapent sur les nerfs
Ce n'est pas étonnant : je les fréquente
Depuis trente-huit ans déjà.
Boris Maruna (Croatie)

Au lieu de lèvres féminines,
ils laissent
l'étoile à cinq branches imprimer
sur nos fronts moites
son rouge où a coagulé le sang des héros.
Senadin Musabegovic (Bosnie-Herzégovine)

Je n'ai rien d'autre à espérer :
un crépuscule d'hiver
et un corbeau amoureux de moi.
Grânaz Moussavi (Iran)

- Te souviens-tu de la copiste ? Celle qui renversa de l'encre
sur ta robe ?
- Non.
Mercedes Roffé (Argentine)

'C'était au Maroc à la campagne...'
Mustafa Stitou (Pays-Bas)

Aveugles, les imbéciles refusent
De se couper la barbe,
Ceux qui me pointent du doigt.
Serge Patrice Thibodeau (Canada)

Le matin du 24 septembre 1966
j'ai écrit une lettre à un ami proche
sur le péché originel
sur le crime parfait et la méthode d'extermination du savoir.
Gozô Yoshimasu (Japon)
Présentation de l'éditeur

Musique de chambre

Musique de chambre
Joyce James
Ed. librairie La Nerthe

La première édition de Chamber Music est parue en 1907 selon un agencement des poèmes effectué par les soins de Stanislaus Joyce, le frère de James.

Néanmoins l'agencement initial avait un sens très particulier, et c'est ce dernier que nous avons repris ici tel que conçu par Joyce en 1905.

Joyce avait une intention tout a fait précise et la révélation de son projet originel donne à ses poèmes une place plus cohérente dans l'ensemble du corpus joycien.

Il s'agit là d'un parfait petit roman : de la naissance de l'amour, de sa portée spirituelle à sa réalisation charnelle qui conduira, la passion déclinant, à une possible amitié nouvelle entre les amants, à une nostalgique et tendre fraternité.

Le livre des haïku

Le livre des haïku
Kerouac Jack
Ed. Table ronde

Première revue marocaine consacrée à la poésie internationale

Faire vivre ensemble et amoureusement des textes d'hommes et de femmes venant de divers horizons et partageant le même rapport à la réalité, à la langue et au village-monde. Edito.

Les filles de quartier
se jettent des nuages la sangle à la main.
Leur sourire ne s'ouvre pas.
Ce serait comme un hymen recousu
par la générosité des violeurs
Linda Maria Baros (Roumanie)

Rends-toi, petite île
Laisse tomber tes réfugiés, tes chères chétives
Accepte l'ordre
Arrache ton persil
Et accueille les cavaliers bindés.
Volker Braun (Allemagne)

Le rêve arabe s'endort
Le muezzin efface
La nuit
Tandis que fume le dernier
Cercle du soleil.
Michel Bulteau (France)

Chaque jour on ne peut éviter le coup de feu du temps,
Ce tireur embusqué !
Shu Cai (Chine)

Allez radoter ailleurs, rimes d'un centime,
trembler ailleurs pour douze lecteurs
et un critique ronfleur
Hugo Claus (Belgique)

Un enfant court bravement derrière son enfance
Rêvant du monde venu se déposer entre ses mains
Et du ciel comme plumage à ses ailes.
Ouafaa Lamrani (Maroc)

J'entends les oiseaux aux pieds peints psalmodier les airs
du ravissement, les murs ouvrant larges leurs fissures, enmmagasinant
les reflets du miroir.
Mohamed Loakira (Maroc)

Les Croates me tapent sur les nerfs
Ce n'est pas étonnant : je les fréquente
Depuis trente-huit ans déjà.
Boris Maruna (Croatie)

Au lieu de lèvres féminines,
ils laissent
l'étoile à cinq branches imprimer
sur nos fronts moites
son rouge où a coagulé le sang des héros.
Senadin Musabegovic (Bosnie-Herzégovine)

Je n'ai rien d'autre à espérer :
un crépuscule d'hiver
et un corbeau amoureux de moi.
Grânaz Moussavi (Iran)

- Te souviens-tu de la copiste ? Celle qui renversa de l'encre
sur ta robe ?
- Non.
Mercedes Roffé (Argentine)

'C'était au Maroc à la campagne...'
Mustafa Stitou (Pays-Bas)

Aveugles, les imbéciles refusent
De se couper la barbe,
Ceux qui me pointent du doigt.
Serge Patrice Thibodeau (Canada)

Le matin du 24 septembre 1966
j'ai écrit une lettre à un ami proche
sur le péché originel
sur le crime parfait et la méthode d'extermination du savoir.
Gozô Yoshimasu (Japon)
Présentation de l'éditeur

La tristesse du figuier

La tristesse du figuier
Namur Yves
Ed. Lettres vives

Ce temps. où vivre n'était même plus une mince affaire, où vivre était tout simplement un mot de trop '. La Tristesse du figuier met ainsi le poème au coeur de sa réflexion : la réalité dont rend compte un poème, la notion de poèmes obscurs, etc. Au-delà de ces différentes thématiques, il s'agit de lire en filigrane les questions que tout homme se pose : pourquoi la souffrance, qui sommes-nous et qui devenons-nous ? Un peu à l'égal de ce que disait Pessoa dans son Faust : ' Au labyrinthe de moi-même, je ne sais plus quel est le chemin qui me mène d'ici à la réalité claire et humaine. '.