Le nôtre

Le nôtre
Swensen Cole
Ed. José Corti

Troisième livre de poésie de Cole Swensen à paraître chez Corti, Le nôtre conclut ce que l'on pourrait appeler sa trilogie française (après « Si riche heure », 2007, qui traverse notre 15 ème siècle en s'appuyant sur l'iconographie des Très Riches Heures du Duc de Berry, et après « L’Âge de verre », 2010, qui considère l'histoire du verre et de la fenêtre à la lumière de l'oeuvre de Bonnard et de quelques autres).

Le livre évoque la personne, l'œuvre et l'époque d'André Le Nôtre (1613-1700), l'inventeur du jardin à la française. C'est une déambulation attentive parmi les espaces créés de toutes pièces par notre célèbre jardinier dont les services furent très recherchés à la Cour des Grands du 17ème siècle. Et si, curieusement, tous ces espaces furent composés pour le plus grand plaisir d'une classe dominante, ils sont de nos jours presque tous devenus des jardins publics, d'où l'ironie du nom de notre héros et du titre de ce livre.

Revisitant ses principaux jardins (Vaux le Vicomte, Chantilly, Saint-Cloud, Versailles, le Luxembourg etc.) Cole Swensen en profite pour faire coulisser l'histoire et la géométrie, tailler ses vers au cordeau, ouvrir et biaiser les perspectives. Elle y affûte le charme et l'aigu de sa prosodie. Résolument contemporaine, son écriture chevauche rigueur constructive et éclats morcelés, sa tranchante élégance restant en phase avec le Grand Siècle qu'elle traverse. Cole Swensen ne manque pas d'interroger à sa façon les raisons et conséquences de ce qui fut à l'origine de l'invention du paysage, qui reste, aujourd'hui encore, profondément attachée à nos manières de regarder le monde. La fabrication de la perspective, le choix des masses et des couleurs : le monde est ainsi modelé et chacun peut alors se l'approprier comme une création domestique.

Un jour, je serai prix Nobelge

Un jour, je serai prix Nobelge
Verheggen Jean-Pierre
Ed. Gallimard

Auteur, entre autres, de Frites l’amour, pas la guerre ou de Votez verres, votez alcoolos à septante ans (soixante-dix pour les étrangers), Jean-Pierre Verheggen a estimé qu’il méritait de se voir attribuer le «Prix Nobelge». D’où ce dossier de candidature comprenant le rappel des distinctions qu’il a déjà reçues ; son CV (à ne pas confondre avec son Ridiculum Vitae révélé au public en 2001 dans la collection Poésie/Gallimard) suivi de la liste des nombreux textes inédits qu'il entend soumettre à l’examen des membres du jury et même du nom des concurrents qu’il craint de devoir affronter (sans toutefois les redouter) : Henri Michaux et Marie-Thérèse Philippot en Wallonie, Hergé à Bruxelles mais, en revanche, personne en Flandre, même pas le Flamand de Lady Chatterley.

Du Degré Zorro de l'écriture paru dans les années soixante-dix aux Éditions Christian Bourgois, dans la collection TXT, à L'Oral et Hardi, un choix de ses textes qui a valu à son metteur en scène et interprète Jacques Bonnaffé un Molière en 2009, Jean-Pierre Verheggen, comme l'écrit André Velter, «n'a cessé de mener à bride abattue l'une des plus toniques chevauchées verbales. En liberté dans les fourrés et les coups fourrés du langage, Verheggen donne une œuvre qui est à percevoir dans la résonance de sa voix, avec sa verve de grande déferlante, son swing de boxeur des lettres, sa fantaisie féroce et irrésistible».

Poésie Art de l'Insurrection

Poésie Art de l'Insurrection
Ferlinghetti Lawrence
Ed. Maelström

Je te fais signe à travers les flammes.
Le Pôle Nord a changé de place.
La Destinée Manifeste n’est plus manifeste.
La civilisation s’autodétruit.
Némésis frappe à la porte.
À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
À quoi sert la poésie ?
L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.
Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...

Recueil inédit en français… qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA! A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d’une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d’un grand renouveau… C’est ainsi qu’il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d’art poétique et d’art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération – définition/anti-définition de la poésie…

L'amertume et la pierre. Poètes au camp de Makronisos. 1947-1951

L'amertume et la pierre. Poètes au camp de Makronisos. 1947-1951
Collectif
Ed. Ypsilon

Ma seule baïonnette était le regard furtif de la lune entre les nuages. Voilà peut-être pourquoi je n'ai jamais écrit de vers aussi irrévocables que des intestins renversés Aris Alexandrou

L'histoire politique de la Grèce depuis 1830, date de son indépendance officielle, jusqu'en 1974, chute de la Junte des Colonels, a été particulièrement instable. Dictatures et coups d'état se sont succédés. C'est néanmoins sous un régime d'apparence démocratique que le camp de Makronissos fut fondé.

Par le nombre des déportés autant que par l'amplitude et l'intensité des moyens de persécution, individuels et collectifs, physiques et psychiques, mis en place ; par le rôle central qu'il occupait dans la propagande de l'État ; par la «production littéraire» qu'il a engendrée, Makronissos représente l'apogée d'un système politique et législatif établi tout au long d'un siècle d'histoire grecque mouvementée. Pascal Neveu

Extraction de la pierre de folie

Extraction de la pierre de folie
Pizarnik Alejandra
Ed. Ypsilon

Les éditions Ypsilon continuent la publication des oeuvres d'Alejandra Pizarnik

«Il n'y eut plus ni dehors ni dedans». Il n'y a que des jeux de miroirs : «Tu te désires autre. L'autre que tu es se désire autre». L'écriture cherche à extraire ce qui n'existe pas sinon par elle, le poème, un corps qui saurait parler le silence. «Je parle du lieu où se font les corps poétiques». Alejandra Pizarnik défend et illustre son «métier», écrivain. Écrire est sa seule manière de vivre et de pouvoir mourir sans fin.

Extraction de la pierre de folie, titre repris de l'un des plus connus et enigmatiques tableaux de Jérôme Bosch, parut à Buenos Aires en 1968, en 4e de couverture figurait un petit texte d'André Pieyre de Mandiargues : «Je relis fréquemment tes poèmes, je les donne à lire à d'autres et je les aime. Ce sont de beaux animaux un peu cruels, un peu neurasthéniques et tendres [...]. J'aime tes poèmes, je voudrais que tu en fasses beaucoup et que tes poèmes diffusent de partout l'amour et la terreur.»

Présentation de l'éditeur

Rythmes pour apprivoiser la hérissonne

Rythmes pour apprivoiser la hérissonne
Ioanid Doina
Ed. Arbre à paroles

Depuis peu, les études sur le bonheur sont fort prisées. On peut apprendre tout ce qu'on veut. Fini, les doutes. Ces études sont mieux encore qu'un détecteur de métaux ! Précision et efficience. Mais quel est le coefficient de ton bonheur à minuit, quand vient la hérissonne, qu'elle se glisse dans ton lit et se niche sur ton ventre ? Quelle étude moderne saurait mesurer son grignotement sonore et le convertir en pourcentage ? Doina Ioanid

Desperados

Desperados
Logist Karel
Ed. Arbre à paroles

Je vous salue / mes compagnons de route et de déroute / passants d'anonymes partages de mon voyage sans boussole / frères obscurs des passages secrets / Qu'on ne me cherche plus de ce côté de l'eau / dans un rang sur une scène ou dans la loge sept / Je me mets entre parenthèses / je prends le large / je déserte ma rue / ma cour ma demeure ma chambre / ma femme mon enfant et mes bêtes / pour donner corps aux quelques rêves / que je perds trop souvent de vue / pour un autre versant du monde / plus juste plus honnête / plus transparent sans doute / où j'apprends à me supporter...

1 x 1 [une fois un]

1 x 1 [une fois un]
Cummings E. E.
Ed. La nerthe

Paru en 1944, 1 x 1 est construit, comme tous les livres de
Cummings, selon une progression allant du rejet des
idées convenues à l'affirmation de soi, de l'amour et
de la vie. Il comprend trois parties:
• « 1 », des satires des illusions qui conduisent à la
guerre: pression collective sur l'individu, progrès des
techno-sciences, discours politiques;
• « X », des odes aux phénomènes naturels (astres, vent,
pluie, erc.) dont l'amour est la meilleure expression;
• « 1 », des hymnes aux minuscules vies (oiseaux,
fleurs, bourgeons, etc.) qui font le bonheur.
Ainsi le livre progresse-t-il clairement des idées froides et figées d'une société adulte, aux mouvements printaniers d'une saisie individuelle en perpétuel renouvellement. Les deux derniers poèmes ne ont pas dédiés par hasard à l'enfance. Cummings développe une approche profonde et complexe de la vie, dans laquelle l'individu accède à lui-même dans une communion avec une nature qui
le dépasse et reste mystérieuse.

L'Enfer

L'Enfer
Alighieri Dante
Ed. Editions du Hazard

Je n'ai pas prétendu diminuer ou remplacer les travaux remarquables de mes si nombreux prédécesseurs. Je me suis seulement attaché à suivre le plus scrupuleusement possible ces deux principes :
1. clarification et simplification du sens,
2. maintien inaltérable du décasyllabe.
Que le lecteur donc ne s'étonne pas de ne point trouver toujours un parallélisme exact entre le texte italien et le texte français.
Mon travail a rejeté toute note explicative parce qu'un poème doit se suffire à lui-même et ne pas en appeler à des béquilles.
En conséquence, il m'est arrivé d'intégrer le contenu d''explications' au texte lui-même (d'où certaines transformations), ou bien alors j'ai carrément supprimé des noms inutiles ou des références fastidieuses (d'où certains raccourcissements).
Ainsi j'espère offrir un vrai poème dont la marche jamais n'est en rien entravée. William Cliff

Nuages. Et autre poèmes

Nuages. Et autre poèmes
Petöfi Sandor
Ed. Sillage

Sándor Petofi (1823-1849), héros de la Révolution de 1848, mort les armes à la main, est l’un des plus grands poètes de la littérature hongroise.

Véritable icône dans son pays, traduit dans toute l’Europe, son oeuvre était introuvable en France depuis près de quarante ans.

Nuages, recueil daté de 1846 où le pessimisme et l’ironie d’une génération se mêlent de façon unique à un lyrisme amer, nous permet de renouer avec cette immense voix du romantisme européen.