Poésie irlandaise contemporaine

Poésie irlandaise contemporaine
Anthologie
Ed. Castor Astral

Existe-t-il écrivain plus ancré dans sa terre natale et ses légendes, et en même temps plus ouvert au monde, que le poète irlandais ? Se tenir à la croisée de deux langues officielles, l'anglais et le gaélique, en préférer parfois une troisième, comme Samuel Beckett écrivant en français ou Joyce s'exprimant en italien, vous confère une identité de citoyen du monde et d'émigrant perpétuel qui nourrit l'imaginaire.

Poèmes choisis

Poèmes choisis
Cummings E.E.
Ed. José Corti

Si la poésie de Cummings a pu paraître en son temps d'avant-garde, elle ne résiste au temps que parce qu'elle est fermement ancrée, sans nul traditionalisme, dans cette tradition qui remonte à la plus haute antiquité, celle d'Orphée, éveillant tous les sens et animant toute la création par la vertu de son chant.

Je me suis donc, après d'autres, confronté à l'intraduisible - y compris sans doute en anglo-américain - du poème-et-de-la-langue-Cummings; entreprise dont tous s'accordent à juger qu'elle est folle (et désespérée), mais précisément en ceci qu'elle pousse à l'extrême le paradoxe de l'essence même de la traduction, qui est que seul ce qui ne peut être traduit mérite finalement de l'être. Tout autre tentative de justification serait inutile, pour ne pas dire indécente.

Le choix des poèmes retenus correspond (à une exception près, et quelques ajouts personnels arbitraires), à celui que le poète fit lui-même en 1958 pour le volume des Selected Poems (1923-1958), en respectant l'ordre non chronologique retenu par lui. Je me suis cependant constamment référé à l'édition des Complete Poems (1904-1962), éditée par George J. Firmage (Liveright, New York, 1991), afin de vérifier que les versions proposées étaient identiques et d'indiquer la provenance de chacun des poèmes dans l'ensemble de l'oeuvre. R. D.

Les travaux et les nuits

Les travaux et les nuits
Pizarnik Alejandra
Ed. Ypsilon

Publié en 1965 à Buenos Aires, Les travaux et les nuits recueille les poèmes qui ont été pour la plus grande partie composés à Paris. Les trois parties qui le constituent évoquent les phases d'un amour marqué d'emblée par le sceau du poème. Une présence petit à petit s'étiole. Alejandra Pizarnik lutte, avec le langage et le corps, pour tenir aux côtés de l'autre d'abord incarné, puis, de plus en plus loin, pour faire face à l'autre de toujours devant le miroir. « Pour elle a pris fin un voyage dont elle ne croit nous livrer qu'un contour, un dessin sur le mur ; pour nous en commence un autre. » Écrit Olga Orozco au sujet de ce livre. « Nous nous enfonçons dans sa poésie. C'est un pays dont les matériaux semblent tirés de miniatures d'émail ou d'estampes illuminées : il y a des éclats d'herbiers aux plumages orientaux, des lueurs d'épopées dans des populations enfantines, des reflets d'héroïnes qui traversent les miracles. Dans ces territoires, l'innocence déchirée recouvre des paysages inquiétants cl les aventures sont un jeu aux ressorts qui mènent à la mort ou à la solitude. Pour se perdre et ne pas se perdre... »

La comtesse sanglante

La comtesse sanglante
Pizarnik Alejandra
Ed. Ypsilon

Paru d'abord en 1966 dans la revue Testigo à Buenos Aires, ce texte est repris par Alejandra Pizarnik en 1971 et publié en volume, ce qui confère à ce « poème-critique » une valeur particulière. Fascinée par le livre de Valentine Penrose, aussi bien par sa forme « sorte de vaste et beau poème en prose » que par « la beauté convulsive du personnage ». Alejandra Pizarnik entre comme dans un miroir dans le monde mythique de la comtesse sanglante, la meurtrière Erzsébet Bàthory.

Comme Valentine Penrose, « excellent poète » qui sait ne pas séparer « son don poétique de sa minutieuse érudition », Alejandra Pizarnik, possédée par ses lectures et obsédée par la prose, « joue admirablement dos valeurs esthétiques de cette ténébreuse histoire » et écrit son chapitre de « la littérature et le mal ».

« Rien que stupeur face à l'excès d'horreur, fascination pour une robe blanche qui devient rouge, pour l'idée d'un déchirement absolu, pour l'évocation d'un silence constellé de cris où tout est l'image de la beauté inacceptable. [...] Comme Sade dans ses écrits, comme Gilles de Rais dans ses crimes, la comtesse Bàthory touche par-delà toute limite, le fond ultime du déchaînement. Elle est une preuve de plus que la liberté absolue de la créature humaine est horrible. »

De la poésie

De la poésie
Mandelstam Ossip
Ed. La barque

Initialement paru en 1928, ce présent recueil d’Ossip Mandelstam réunit une série d’essais parus en revue, écrits entre 1910 et 1923. Ils sont, comme l’indique Mandelstam, liés par une même pensée… ajoutons : de la poésie. À leur parution, ces textes avaient subi l’influence de la censure, le premier jet a été ici rétabli.

D'après la poésie d'amour

D'après la poésie d'amour
Clémens Eric
Ed. L'Ane qui butine

Quand une rupture crée la faille dans le tourbillon des mots, l'existentiel s'approprie la syntaxe du dialogue. De ce substrat s'émaille un monologue exalté. Les phrases cognent à l'absence et résonnent de certitude. La diversité en est étonnante.

Vivre sa vie et autres poèmes

Vivre sa vie et autres poèmes
Baetens Jan
Ed. Espace Nord

Autres nuages est une variation poétique autour du nuage. Vivre sa vie retranscrit l'esprit du film de Jean-Luc Godard, tourné en 1962, en un recueil de poésies en quinze tableaux. Cent ans et plus de bande dessinée raconte l'histoire du neuvième art en poésie. Cent fois sur le métier croque diverses professions sous forme de poèmes.

Pour en finir avec la poésie minimaliste

Pour en finir avec la poésie minimaliste
Baetens Jan
Ed. Impressions Nouvelles

Devant la domination en France de la poésie dite 'minimaliste', alliant retrait de la forme et profondeur du sens, le poète et critique J. Baetens soutient l'alternative littéraire offerte par des auteurs tels que P. Alferi, V. Tholomé et V. Lalucq.

Neige silencieuse, neige secrète

Neige silencieuse, neige secrète
Aiken Conrad
Ed. La Barque

Conrad Aiken (1889-1973), avant tout poète, mais aussi romancier…, nous livre ici l’une de ses nouvelles les plus bouleversantes. Nous pénétrons dans un royaume de neige perçu et éprouvé par le jeune Paul Hasleman, âgé de 12 ans. Peu à peu happé par la magie de son monde, Paul éprouve les plus grandes difficultés à répondre aux nécessités du quotidien, aux questions qu’on lui pose à la maison avec ses parents, à l’école avec la maîtresse d’école, puis avec le médecin contre le pouvoir duquel, surtout, il se voudrait ne pas faire figure « d’un cas ». Paul cherche à préserver son secret (le secret de la neige), sans blesser, cependant qu’il lui devient aussi de plus en plus difficile de le taire… Dans ce texte inouï, où la folie côtoie le conte, rien n’est enfermé. Merveilleux.

Comment je ne suis pas devenu poète

Comment je ne suis pas devenu poète
Antoine Hubert
Ed. Lettre volée

Essai de l'écrivain sur les raisons d'écrire, sur sa décision d'abandonner la poésie, sur le style, etc.