Une femme qui... Ecrits, entretiens, essais critiques

Une femme qui... Ecrits, entretiens, essais critiques
Rainer Yvonne
Ed. Presses du réel

Danseuse, chorégraphe, performer, réalisatrice et écrivaine, Yvonne Rainer est une figure centrale de l'histoire de l'avant-garde new-yorkaise. Une femme qui... réunit des textes écrits parallèlement à la réalisation des films, une sélection d'entretiens et d'essais qui constituent la biographie intellectuelle de Rainer. On y découvre la singularité de sa culture, ses préoccupations intimes et une écriture complexe non dénuée d'humour. Écrits au cours des trois dernières décennies, ils explorent les questions de la représentation identitaire, du féminisme, de l'âge, de la maladie, de la ménopause, de l'insatisfaction sexuelle et de la violence politique.

Le travail éditorial a été réalisé, avec le concours d'Yvonne Rainer, par une équipe d'enseignants du Programme CCC Critical Curatorial Cybermedia de la Haute école d'art et de design de Genève et en collaboration avec Françoise Songer, traductrice.

Freetime

Freetime
Okada Toshiki
Ed. Nouvelles éditions Lignes

Chaque matin, juste avant d'aller au travail, Mademoiselle Koga se rend dans un restaurant franchisé de Tokyo pour boire un café et rédiger son journal. Cette demi-heure de temps libre, c'est son «freetime», le seul moment où elle échappe à la rigueur des codes de la vie sociale. Avec Freetime, le dramaturge et metteur en scène Toshiki Okada, dont ce texte est le premier traduit en français, propose un dispositif littéraire et théâtral singulier, où la multiplicité des points de vue rapportés interroge la teneur incertaine des faits quotidiens.

Radio clandestine

Radio clandestine
Celestini Ascanio
Ed. Espace 34

Un homme, le narrateur, s'adresse à une vieille femme, la toute petite, incarnation du petit peuple romain d'autrefois. Il lui raconte le massacre des fosses ardéatines qui, le 24 mars 1944, a coûté la vie à 335 Italiens, résistants, Juifs, communistes, mais aussi simples passants, en représailles à un attentat de la résistance perpétré la veille, via Rasella, en plein coeur de Rome. Cet événement est resté un lieu de mémoire pour tous les habitants de Rome. À travers lui, c'est le destin d'une ville et d'un peuple qui nous est raconté.

« Il s'agit d'une véritable entreprise pour redonner sens à l'univers de la tragédie, par l'évocation d'un événement qui constitue un lieu important de la mémoire contemporaine nationale, sujet souvent à de délicates controverses ou à des interprétations connotées. » Olivier Favier, traducteur

Hôtel Palestine - Electronic City - Sous la glace - Le système

Hôtel Palestine - Electronic City - Sous la glace - Le système
Richter Falk
Ed. Arche

Fascisme soft ? Est-ce que cela veut dire qu'à partir de maintenant nous vivons en permanence dans une peur diffuse qui nous amène à accepter tout ce que le gouvernement ordonne ? Est-ce que cela veut dire que nous torturons des gens, mais que nous le faisons pour une bonne cause ? Est-ce que cela veut dire tout simplement que nous n'avons pas de télévision critique envers le gouvernement parce que ce serait anti-patriotique, que nous n'avons pas besoin d'informations parce que nous devons Avoir confiance en notre gouvernement, de même que le président A confiance dans le fait que Jésus-Christ va lui montrer le chemin pour faire ce qui est juste pour son pays ?

Lettres

Lettres
Koltès Bernard-Marie
Ed. Minuit

Je reste persuadé que la vie est ce qu'on en fait, et qu'il n'est pas d'âge qui soit particulièrement malheureux - si ce n'est celui où l'on abandonne la partie - et on peut l'abandonner à tout âge. Je trouverai la vie laide le jour où je me mettrai assis et ne voudrai plus me relever. Pour le moment - pour moi -, vingt ans, c'est l'âge d'une grande décision ; c'est l'âge où je risque ma vie, mon avenir, mon âme, tout, dans l'espoir d'obtenir plus ; c'est l'âge où je travaille sans filet. C'est terrible, bien sûr... mais n'est-ce pas cela, vivre ? Il me semble que je ne pourrai pas dire, plus tard, d'un air désabusé : «Ah ! Si j'avais vingt ans !» ; je ne crois pas non plus que je pourrais gémir en disant : «Vingt ans : une bien triste période...» Je ne souhaite qu'une chose : c'est d'être capable toute ma vie de prendre des risques et ne jamais vouloir m'arrêter en chemin. N'est-ce pas cela, «avoir toujours vingt ans ?» Bernard-Marie Koltès

 

Nickel stuff

Nickel stuff
Koltès Bernard-Marie
Ed. Minuit

Passionné de cinéma, Bernard-Marie Koltès se nourrissait de films, plus en amateur qu'en cinéphile. Il a été formé autant par le cinéma que par la littérature. Son univers était constitué aussi bien par Dostoïevski, Faulkner et Conrad que par Huston, Scorsese et Antonioni.

Il a écrit plusieurs scénarios, pour la plupart disparus, dont le dernier, Nickel Stuff, en 1984, qu'il voulait tourner à Londres, en noir et blanc, avec John Travolta et Robert De Niro. Mais il y renonça : ayant été invité sur quelques tournages de film, il fut convaincu de ne jamais se laisser embarquer dans une affaire aussi compliquée.

La rhétorique vive

La rhétorique vive
Koltès Bernard-Marie
Ed. Hermann

Surplombant l'oeuvre entière, Dans la solitude des champs de coton brille des feux de la rhétorique et retrace le cheminement des corps et des discours à l'orée du lien social, du désir et du rapport à la Cité. Koltès redécouvre le modèle antique de la sophistique pour en tester l'efficacité tragique.

Le présent essai s'interroge sur le sens et la portée d'un tel retour. En croisant anthropologie, philosophie, psychanalyse et sociologie, l'analyse opère un salutaire coup de force, car elle délocalise le regard porté sur l'oeuvre et montre comment la torsion de l'écriture s'empare de cette forme supposée désuète pour la hisser sur la crête de la contemporanéité.

La contrefaçon des procédures de discours empruntées au marché fait ainsi bon ménage avec une rhétorique érotisée qui manque son but mais élève les esprits et les coeurs. Partage difficile entre la « blague » et le sérieux, qui témoigne d'une très actuelle manipulation des valeurs.

Miniatures théoriques. Repères pour un paysage théâtral

Miniatures théoriques. Repères pour un paysage théâtral
Banu Georges
Ed. Actes Sud

Georges Banu dégage dans cet ensemble de « miniatures théoriques » certains « noeuds poétiques » autour desquels s'organise le paysage théâtral d'une époque. Il se fie à sa « bibliothèque intérieure » que constituent les spectacles vus au fil du temps et dont sa mémoire a gardé la trace ainsi que le plaisir.

Très personnel et subjectif, ce livre s'apparente à un cabinet de curiosités, une collection privée à l'aspect faussement disparate, car tous les éléments sont reliés au nom d'une posture commune : le théâtre vu de près. Ces textes saisissent des « points de fixation » de la scène contemporaine : une question récurrente (« Vidée, la scène vide ? »), un bonheur secret (« Neige »), un choix significatif (« Chapeaux melon et godillots usagés ») ou encore une porte ouverte (« Les saluts ou le protocole de la fin »)...

Ces brefs écrits se placent sous le signe d'une rare phrase optimiste de Beckett : « Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps » !

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ?

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ?
Barker Howard
Ed. Actes Sud

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ? est le premier volume à associer trois aspects du travail créatif de Barker. Pourquoi les avoir ainsi rapproches ? Quels sont les rapports qui se tissent ici entre la notation personnelle, l'écriture scénique et la photographie - entre la voix singulière, oscillant entre murmure et provocation, soliloque et confidence , la pluralité dialogique des figures du drame ; et le silence de l'image ? Un ouvrage aussi bref que Ces tristes lieux..., précisément parce qu'il suggère ces questions sans y répondre, offre une excellente occasion d'opérer une première incursion dans le paysage complexe, reconnaissable entre tous, dont Barker a fait son domaine. Daniel Loayza

 

Histoire théâtre politique

Histoire théâtre politique
Noiriel Gérard
Ed. Agone

On sait d'expérience que les démonstrations produites par les sciences de l'homme et de la société ont très peu d'impact sur les gens. On peut mobiliser toutes les études pour démontrer la « stupidité » du racisme, on ne parviendra pas pour autant à convaincre quiconque d'abandonner ses préjugés. Pour être efficace, il faut que la raison rencontre l'émotion. Ce qui est prouvé dans la recherche doit être éprouvé par le public.

Ce sont des auteurs de théâtre, principalement Diderot et Brecht, qui ont poussé le plus loin la réflexion sur cette dialectique de l'intellect et du sentiment. Ils ont plaidé pour un théâtre politique dont la fonction n'est pas de parler à la place des citoyens mais de leur fournir des armes pour mieux résister aux médias et au pouvoir d'État.

Depuis l'affaire Dreyfus, les intellectuels ont joué pleinement leur rôle dans la vie publique lorsque les artistes et les savants sont parvenus à travailler et à agir ensemble. Ceux qui s'interrogent aujourd'hui sur la crise du théâtre public gagneraient à réfléchir sur ce constat.