Shakespeare, Le monde est une scène. Métaphores et pratiques du théâtre

Shakespeare, Le monde est une scène. Métaphores et pratiques du théâtre
Anthologie
Ed. Gallimard/Pratique du théâtre

« Le monde est un théâtre » n'a-t-on cessé de répéter depuis les Grecs et les Romains et, on le sait, Shakespeare érigea en enseigne du Globe le fameux Totus mundus agit histrionem de Pétrone. Chacun est acteur, mais joue-t-il un seul rôle ou plusieurs ? Et la vie est-elle une pièce tragique ou dérisoire ? Ce qui tenait auparavant de la métaphore ponctuelle finit en vision globale, mais, une fois encore, deux termes se trouvent en présence : le théâtre et la vie. Comment communiquent-ils ? Si la vie ressemble au théâtre, lui-même, à son tour, n'est-il pas le double de la vie ? Interrogation inversée à laquelle nous ne pouvons pas échapper. Georges Banu

 

Journal intime d'un auteur

Journal intime d'un auteur
Noren Lars
Ed. L'Arche

«J'ai une profonde tendance à prolonger les difficultés et la tristesse, jusqu'à ce qu'elles meurent d'elles-mêmes, sans doute. Je vais essayer d'écrire mon journal tous les jours. J'aime l'énumération des routines absurdes et des rares plats que j'achète. L'acteur a été condamné à, je ne me souviens plus, peut-être quatre mois de prison, pour harcèlement sexuel sur deux petites filles. Il dit qu'il est un père de famille et un mari heureux. Pourquoi ferait-il une chose pareille ? Lui seul connaît la réponse, et peut-être Sten Levander. Paris me manque. Non, ce qui me manque c'est d'arriver là-bas au coucher du soleil, de me précipiter chez Issey Miyake, puis chez Monoprix à Saint-Paul et chez Suzette pour manger une crêpe au citron et rester assis là-bas sans connaître personne.»

Le désoeuvrement chorégraphique. Etude sur la notion d'oeuvre en danse

Le désoeuvrement chorégraphique. Etude sur la notion d'oeuvre en danse
Pouillaude Frédéric
Ed. Vrin

Il n'y a pas de bibliothèque du mouvement, de lieu où les oeuvres chorégraphiques trouveraient à se conserver, identiques à elles-mêmes et offertes à tous. C'est un fait. Rien qu'un fait. Mais qui engage énormément.

En premier lieu : l'incapacité de la philosophie et de l'esthétique à penser les pratiques chorégraphiques selon le régime commun de l'oeuvre. C'est toujours d'un autre espace que la danse semble relever, à la fois plus frivole et plus fondamental, toujours en deçà ou au-delà du projet de l'oeuvre. Cette absence d'oeuvre, abstraitement mise au jour par la philosophie, nous tentons de l'analyser en une première partie.

De là, il s'agit d'articuler un autre concept, connexe mais différent : celui de désoeuvrement. Les écrits philosophiques sur la danse assignent la pratique du mouvement à une pure et simple absence de production, à l'expérience de la dépense et de l'auto-affection. Nous soutenons que ce philosophème (abstraitement nommé absence d'oeuvre) ne fait que réfléchir dans l'ordre du discours une fragilité interne et propre aux oeuvres chorégraphiques, fragilité que nous nommons : désoeuvrement.

Oeuvres choisies, vol. 2. Blessures au visage. La douzième bataille d'Isonzo

Oeuvres choisies, vol. 2. Blessures au visage. La douzième bataille d'Isonzo
Barker Howard
Ed. Editions théâtrales

Dans une succession de 18 tableaux à la fois envoûtants, drôles et tragiques, Blessures au visage expose les relations que nous entretenons avec notre visage et son reflet dans le regard des autres. Un voyage à travers le miroir déformant des fantasmes, des passions et de la mémoire. «Le visage, dit Barker, est le siège du désir, et le désir ce qui fait dans mes pièces que les personnages transcendent la cruauté du monde.»

Tenna, une jeune fille de 17 ans, et Isonzo, un très vieil homme au bord du tombeau, viennent de se marier. Leur union, renforcée par leur cécité supposée, est mise en jeu dans un dialogue saccadé, plein de poésie brutale et d'érotisme. Les deux époux attisent l'atmosphère torride de cette Douzième Bataille d'Isonzo, quête d'amour absolu entre pulsion de vie et baiser de la mort.

Ce deuxième volume des oeuvres choisies de Howard Barker, l'une des voix les plus fécondes de la scène anglaise d'aujourd'hui, permet de pénétrer au coeur de son «théâtre de la Catastrophe», viscéral et implacable.

La maison des cerfs

La maison des cerfs
Lauwers Jan
Ed. Actes Sud

Les événements périphériques, parfois tragiques, qui se déroulent dans l'intimité de la Needcompany ont inspiré l'écriture de La Maison des cerfs. Au moment où nous étions en tournée quelque part en France, l'une des danseuses, Tijen Lawton, a appris que son frère, le journaliste Kerem Lawton, avait été tué au Kosovo. La mort tragique de Lawton est le point de départ d'un texte sur un groupe de gens de théâtre confrontés de façon de plus en plus directe à la dure réalité du monde qu'ils sillonnent. Tout est politique, mais l'art n'est pas tout. L'art tombe toujours entre les plis de l'histoire, est inutile et n'influence pas le moindre événement, et c'est là que réside sa mystérieuse nécessité.

Johann Le Guillerm à 360°

Johann Le Guillerm à 360°
Collectif
Ed. Actes Sud

Je n'ai pas trouvé la maison.

Ce sont les premiers mots du Garçon lorsqu'il arrive chez les parents de la Fille et frappe à la porte. Là, sur le seuil de cette maison étrangère, débute le théâtre de Fosse. Ouvrons la porte et entrons.

Trente ans de cirque. Souvenirs et anecdotes

Trente ans de cirque. Souvenirs et anecdotes
Zavatta Achille
Ed. Arléa poche

«Enfant de la balle», Zavatta, dès l'âge de trois ans, crée avec ses frères un numéro d'acrobates dans le cirque familial en Algérie. Quelques années plus tard, c'est un remplacement au pied levé qui va le consacrer auguste, rôle dans lequel il excellera pendant une trentaine d'années, promenant sa famille dans de nombreux pays, jusqu'aux États-Unis, où son nez rouge et son petit chapeau firent merveille sous le «Plus Grand Chapiteau du monde».

Ses mémoires, où l'on devine une constante exigence de simplicité et de vérité, regorgent d'anecdotes savoureuses, mais aussi de moments d'émotion intense, auxquels l'humour, la gentillesse et la bonne humeur du plus célèbre de nos clowns confèrent un ton amical et fraternel.

Histoire de la sorcellerie

Histoire de la sorcellerie
Arnould Colette
Ed. Tallandier/Texto

Toujours redoutées, souvent dénoncées et parfois brûlées, les sorcières hantent l'imaginaire occidental. Elles sont de tous les âges. Les Grecs avaient les leurs et nos sociétés contemporaines continuent d'en cultiver l'image. Mais que sait-on vraiment des sorcières et de leurs charmes ? Quelles fonctions leur ont été attribuées ? Et surtout, quelles représentations a-t-on projetées sur ces créatures surnaturelles, tour à tour magiciennes, fées ou diablesses ?

Colette Arnould retrace ainsi l'étrange histoire de la sorcellerie depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, depuis les magiciennes Médée et Circé jusqu'aux adeptes contemporains du satanisme. S'appuyant sur des exemples tirés de la littérature autant que sur les grands textes sacrés ou les sinistres manuels de l'Inquisition, l'auteur éclaire le monde des peurs ancestrales. Ce panorama exhaustif dépasse alors largement la simple chronique : au fil des pages se profilent quelques grandes questions telles que la place des femmes dans la société, la tolérance ou la fascination pour le mal et la violence. Autant de sujets d'une actualité inquiétante.

Arsenic. Carnet d'aventures

Arsenic. Carnet d'aventures
Collectif
Ed. Arsenic

Arsenic a dix ans : dix ans d'itinérance, la fleur au volant. C'était l'occasion ou jamais de jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur de nos camions et de se remémorer les chemins parcourus, les paysages traversés. Sans nostalgie, mais avec émotion, nous vous livrons le carnet de nos plus belles aventures, artistiques et humaines. L'équipe d'Arsenic.

Arsenic est aujourd'hui l'une des plus importantes compagnies itinérantes de Belgique. Son théâtre engagé s'inspire de multiples esthétiques pour composer des spectacles en kaléidoscope qui s'adressent à tous les publics. Ses créations s'habillent de fête et jouent à surprendre, en invitant les curieux dans des structures nomades en perpétuelle métamorphose.

Atelier Théâtre Jean Vilar. La passion a 40 ans

Atelier Théâtre Jean Vilar. La passion a 40 ans
Delcampe Armand
Ed. Luc Pire

Armand Delcampe, héritier d'une tradition léguée par les plus grands hommes de théâtre du XXe siècle qu'il a côtoyés, nous livre ici l'histoire de son théâtre de manière très personnelle, nous donnant un accès direct à son monde privilégié.

Plus qu'un ouvrage historique classique, ce beau livre se laisse découvrir par touches comme on feuillette un album précieux. Des témoignages multiples et une iconographie riche invitent le lecteur, comme le spectateur au théâtre, à faire librement son voyage au fil des saisons.

Armand Delcampe nous rappelle ainsi qu'à l'origine de ce magnifique projet de cohésion entre l'atelier de création artistique professionnel, l'école de formation d'acteurs, le centre universitaitre d'enseignement et de recherche en arts de la scène et la bibliothèque spécialisée, il y avait un modeste théâtre universitaire qui portait déjà en lui les germes et l'élan international de l'Atelier Théâtre Jean Vilar.